Le traumatisme psychique

Catherine Rausch de Traubenberg, psychologue, psychothérapeute et psychanalyste à Draveil vous explique le traumatisme psychique

Un traumatisme psychique est une blessure psychique consécutive à un événement brutal qui va provoquer une intrusion dans le psychisme induisant un choc émotionnel et une rupture dans le sentiment d’exister. Le processus traumatique ne se met pas en place immédiatement, il se déroule au cours du temps et se manifeste par des symptômes qui peuvent devenir chroniques avec parfois des séquelles.

L’évènement traumatique
L’évènement traumatique véhicule de nombreuses significations car beaucoup d’évènements plus ou moins graves, peuvent provoquer des blessures psychiques. De plus, la manière dont est vécu un évènement est différente d’une personne à l’autre, elle dépend de la vulnérabilité, de l’histoire personnelle, de l’âge etc… Il survient de manière brutale, c’est une situation à laquelle on n’est pas préparé et devant laquelle on se sent menacé ou en danger et démuni. Un évènement traumatique peut être un accident, une mauvaise nouvelle, une agression physique ou verbale, une situation de harcèlement etc…

Dans la théorie psychanalytique, le traumatisme n’est pas toujours associé à un évènement réel mais peut venir du dedans, de la vie psychique - en particulier l’inconscient. Ainsi, pensées, pulsions, fantasmes, hallucinations, délires peuvent être à l’origine d’un traumatisme psychique. On considère que le traumatisme se retrouve dans la vie psychique de toute personne et peut être très ancien. Ce type de traumatisme est susceptible d’être réactualisé par un évènement traumatique réel.

Les symptômes
Les traumatismes se manifestent par des symptômes hétérogènes qui surviennent toujours dans l’après-coup, parfois bien après le choc émotionnel de l’évènement traumatique. L’angoisse est prédominante, les dépressions sont fréquentes, par épisodes ou chronique, avec de nombreuses autres manifestations : troubles psychosomatique, addiction (alcool, drogue), troubles du sommeil avec cauchemars, repli, phobies… Quand la cause du traumatisme est inconsciente le sentiment de mal-être est aggravé. Ces symptômes peuvent devenir chroniques et dans ce cas, une prise en charge psychothérapeutique est nécessaire pour mettre fin à cette situation douloureuse.

Cas d’un évènement traumatique grave
Un traumatisme peut être à l’origine d’une pathologie particulière appelée état de stress post-traumatique (ESPT) qui présente une grande homogénéité dans les symptômes. C’est le cas quand il y a confrontation brutale à une situation présentant un danger imminent pour l’intégrité et la vie des personnes : catastrophe naturelle ou industrielle, accident grave, naufrage, attentat, prise d’otage, agression, attaque à main armée, viol ou tentative de viol… Une exposition répétée à une situation intenable (emprisonnement avec tortures répétées, expérience de sévices dans des camps de prisonniers, situation de guerre…) aggravera le traumatisme subi. La rencontre très violente avec un tel évènement va provoquer une véritable effraction dans le psychisme, induisant un débordement émotionnel, une incapacité à réagir et un état de sidération. Il n’y a pas d’angoisse (qui est une forme de préparation, celle-ci viendra secondairement, l’évènement passé), mais des sentiments d’effroi, d’horreur et d’impuissance accompagnée d’une dissociation (sensation d’être déconnecté de soi-même, dans une sorte d’irréalité) qui est en général transitoire.

Dans un deuxième temps, cet état de choc se résorbera en quelques jours ou quelques mois avec apparition de symptômes transitoires (crises de larmes, angoisse, cauchemars, phobies…). Il peut y avoir aussi une période assez calme juste après l’évènement.

Ce n’est que dans un troisième temps que le syndrome d’état de stress post-traumatique (ESPT) pourra apparaître. Celui- ci est caractérisé par trois symptômes:
- Syndrome de répétition : l’évènement est revécu de manière compulsive la nuit sous forme de cauchemars et le jour, tous ce qui rappelle le traumatisme fait resurgir le souvenir de l’évènement dans les moindres détails, chargé de toute l’émotion et la frayeur réactualisées;
- Evitement systématique de tout ce qui peut évoquer les souvenirs traumatiques et leurs affects : lieu, personnes, actualité, émotions, induisant un détachement émotionnel et un désengagement social;
- Installation d’un état d’alerte permanent induisant une sorte d’ « hyper-éveil » : réactions excessives à un bruit anodin, sommeil non réparateur, état de tension permanent avec des accès de colères fréquents…

Les autres symptômes associés au traumatisme sont présents : angoisse persistante, crises d’angoisse, dépression chronique, phobies, sentiment de culpabilité, alcoolisme ou toxicomanie, irritabilité, troubles sexuels (systématiques après un viol), troubles psychosomatiques (maux d’estomac, maux de ventre, trouble du transit intestinal, hypertension, problèmes de peau comme le psoriasis…).

Une prise en charge médicale et psychothérapeutique est indispensable afin d’éviter que cet état ne devienne chronique.